Les lumières de Skagen

Tombés sous le charme des scènes peintes à la fin du 19ème siècle par les peintres qui vivaient à Skagen (Danemark), et dont on avait vu une exposition à Paris l’an dernier (« Les heures bleues » de Peder Severin Krøyer au Musée Marmottan Monet), nous avons décidé de partir à la recherche de cette lumière si spéciale du bord de mer à ces latitudes, où le soir dure des heures en été.

Nous avons eu extrême beau temps, ce qui ne fait pas forcément l’affaire des photographes… mais la sérénité, le calme étaient toujours présent, et les couleurs du coucher de soleil, toujours au rendez-vous…

Chaque soir, face à la mer, le même soleil, le même sable…. juste quelques centaines de mètres plus loin… Et chaque soir, une lumière différente, des reflets dansants, rayés, ondoyants comme une palette de peintre, des vagues aux murmures changés, des rochers, des oiseaux, des silhouettes au loin, une flaque laissée par la dernière marée…

Chaque soir un émerveillement différent, mais toujours la même ambiance apaisante, la même impression de douceur…
Et se dire que Marie et Anna se promenaient sur les mêmes plages, peintes par leurs maris respectifs, Peder Severin et Michael… avant de rejoindre la maison des Ancher, ceinte d’un joli jardin où se balancent les roses trémières et les hortensias.

En rouge et blanc

Le club de photos auquel nous appartenons essaie malgré tout d’exister au gré des expositions déprogrammées et des réunions impossibles. Heureusement que le web est là, permettant au club d’organiser des expositions personnelles sur le net. Ainsi, chaque semaine, un/une photographe est mis en lumière avec des photos choisies et rassemblées par thème.

A voir ici : https://photo-odl.net/expos-personnelles-membres/

Cette semaine, c’est mon tour… avec l’exposition « En rouge et blanc ».

Ce sont les deux couleurs omniprésentes en Norvège en hiver.
Le rouge des maisons de bois perdues dans l’immensité,
le rouge des hangars à bateau se reflétant sur les frisotis gelés d’une eau immobile,
le rouge des bâtons de sécurité, balisant la route qui peut disparaitre parfois, soufflées par le vent et la neige,
le rouge des bouées de sauvetage placées près des lacs gelés,
le rouge du drapeau qui flotte au vent glacé des fjords, fièrement hissé sur l’Express Côtier,
le rouge des balises qui pointillent la côte…
Et le blanc de l’espace enneigé, si vaste, si texturé,
le blanc sur les branches des bouleaux,
le blanc des sommets ensoleillés pour quelques minutes,
le blanc du vent qui balaye le ciel,
le blanc des flocons qui dansent au gré de leur humeur, légers ou puissants…

Ce sont les couleurs qui nous manquent cruellement en ces temps de COVID où nous ne pouvons voyager comme d’habitude, pour la santé de tous.

En voici quelques touches :

Lien direct : https://photos.app.goo.gl/wVC9XzHJ5ey4maZL9

J’espère vous avoir fait partager cet amour en rouge et blanc qui s’est, un hiver, accroché à nos coeurs et dont, malgré plusieurs visites, nous ne nous lassons pas !

L’étang de Bolmon

On aurait pu s’attendre à une météo printanière, tout autour de nous était en fleurs, les amandiers, les abricotiers… Le jaune des forsythia essayait de suivre… mais le ciel en avait décidé autrement, uniformément gris, sans aucun relief, ni nuage distinct, comme un brouillard, mais qui n’aurait pas osé descendre sur terre.

Nous avions rendez-vous sur une plage de l’étang de Berre, tout à côté des pistes (bien vides en cette période de COVID) de l’aéroport Marseille Provence. Une rencontre minimale en famille, le temps de pique-niquer en respectant les distances, et en gardant les vestes, car le thermomètre non plus n’avait pas compris….

Notre « élément familial » étant retourné bosser, nous avons retrouvé l’étang de Bolmon, en passant d’abord par le parc des sports, puis par les bords de l’étang lui-même, qui nous avait été présenté en son temps par un autre de nos enfants, sans trop d’espoir de pouvoir y faire quelques photos.

Sauf que ce ciel gris, les étendues sauvages de marais et de joncs, l’eau immobile, les mouettes en noir et blanc sur l’eau argentée, les reliefs tarabiscotés des créations calcaires des vers sur les pierres à demi immergées…. tout cela finissait finalement par rejoindre assez bien mes expériences de « High Key » (voir article précédent), hors du temps…

Un moment de calme et de sérénité, le chant des oiseaux, les découvertes des enfants autour de nous (nous sommes en période de vacances), l’immobilité de l’eau, quelques rides pour ne pas se faire oublier, et pour révéler autrement les reflets d’un arbre, des bruits de plongeons mystérieux dans les canaux, des moments de silence….


Pour ceux qui seraient intéressés par cet endroit : http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/246/28-etang-de-bolmon-13_bouches-du-rhone.htm

On peut y voir des flamants roses, des hérons, des cormorans, des foulques marcoules et toutes sortes d’autres oiseaux, migrateurs ou nicheurs, selon les mois de l’année, grâce à des observatoires bien placés.

Un peu de fraîcheur….

Par les temps qui courent… c’est pas de refus !

Suite à la lecture d’un article sur la double exposition paru sur Le Monde de la Photo, version papier, j’ai voulu tester.
Tout d’abord, un petit tour nécessaire sur la notice de mon appareil avec lequel je suis encore complètement novice : et il a cette possibilité de prendre un cliché puis un deuxième (et jusqu’à quatre) sur la même photo ! C’est la technique de la multiple exposition.
Que certains peuvent également obtenir avec des logiciels de post-production.

J’ai donc bravé les hautes températures pour m’installer près de notre bassin. Un nénuphar se préparait à disparaître, et l’eau de la fontaine créait une atmosphère rafraichissante. J’ai donc voulu assembler les deux impressions en une seule photo : premier déclenchement, le nénuphar, et deuxième déclenchement, en déplaçant mon appareil d’un angle de 30 à 40 degrés, les remous de la fontaine au contact de la surface de l’eau.

Nénuphar en double exposition avec l'eau de la fontaine

L’image ainsi obtenue « résume » l’impression que j’ai ressenti et voulu représenter, en restant dans une unité de temps et d’espace.

En post-production, j’ai mis la photo en noir et blanc pour plus de douceur, car le nénuphar était bien rose foncé !!! et baissé un peu les hautes lumières qui cramaient les pétales du nénuphar. Les scintillements de l’eau apportent un peu de féérie et de fraîcheur à l’image….

Mon père, portrait…

Le thème de notre prochaine réunion est « portrait ». Je n’en ai jamais fait, sauf, à la volée, ceux de mes petits enfants… Je n’oserai jamais demander non plus à quelqu’un, dans la rue, si je peux lui « tirer le portrait »?
Je n’ai, par conséquence, aucune expérience dans ce genre bien particulier de photographie. Je vais donc chercher quelques conseils auprès de « internet est mon ami ». En voici un petit résumé :

  • Mise au point : sur les yeux, ou sur l’oeil le plus proche.
  • Focale : au moins du 50 mm, ou plus, du 80-150mm pour écraser les perspectives et faire ressortir le personnage sur l’arrière plan.
  • Ouverture : une grande ouverture pour un arrière plan flou qui fera ressortir le sujet.
  • Cadrage : remplir le cadre, laisser de l’espace au regard
  • Lumière : le plein soleil laisse des ombres dures sur les visages, préférer l’ombre ou le soleil voilé, au besoin utiliser un diffuseur ou un réflecteur de lumière (surface blanche ou mur de couleur neutre ou chaude) surtout si on décide de photographier à contre-jour…
  • Sujet : pour qu’il soit le plus naturel possible, le mettre en confiance en établissant une bonne relation ( en discutant, en suggérant des situations imaginaires…) et lui donner des indications précises pour le placer ou le faire bouger idéalement.

Pour aller plus loin :

Puis, à la faveur d’une visite à mon père, j’essaie d’appliquer tous ces conseils pour le photographier…
J’avais oublié les contraintes liées au lieu de prise de vue, en l’occurence sa chambre et son fauteuil…. Heureusement j’ai pu jouer avec les rideaux qui ont pu atténuer la lumière solaire de l’extérieur.

f5.6 1/125 iso 640

J’avais oublié aussi toute l’émotion que l’on peut ressentir à photographier un être aimé, ce père, pilier fort et protecteur de notre enfance, devenu cet enfant fragile, lourd de tous ses souvenirs un peu embrouillés…

Inquiétante…

Il y a des photos qui vous marquent…. celles que l’on voit et qui étincellent en nous une émotion venue du tréfonds de notre âme, qui se cachent dans un coin de notre mémoire, prêtes à en jaillir soudainement ; et celles que nous faisons, un instant du jour, parce qu’appelés par l’écho que ce regard posé réveille en nous.

Lorsque « asphalte » a été le thème de notre réunion de ce vendredi, une photo, que j’avais prise il y a longtemps, s’est imposée logiquement à mon souvenir :

Prise sur un parking à Auriol, après une balade pluvieuse, mon regard a été interpellé avec force par ce reflet graphique.
Branches dénudées, texture de l’asphalte, forme arrondie de la flaque répondant aux angles des branches…. et cette impression de voir une araignée géante issue de nos plus noirs cauchemars…
Recentrée, recardée, mise en noir et blanc, j’y ai ensuite renforcé le contraste afin d’opposer le grain de l’asphalte au liquide de la flaque, le sombre des branches ressortant déjà naturellement.

Mes autres contributions au thème :

N’hésitez pas à aller voir celles des membres du club sur le site d' »ODL » (menu de droite).