Introduction

Cette année, j’ai du temps pour moi, pour prendre des photos sans trop de contingences d’horaires, et pour partager sans façon mes expériences photographiques d’amateur.

Je possède un appareil hybride, avec deux zooms : un 16-50 et un 50-200. Ce n’est pas un reflex, mais un récent accident du coude me fait préférer ce genre d’appareil bien léger…

Alors, je me lance, en commençant par un sacré défi : nous partons en Norvège (comme presque tous les hivers maintenant, depuis plusieurs années) mais, n’étant plus tributaires des vacances scolaires, nous y allons alors que la nuit polaire prend sa semi-obscurité quelques heures dans la journée. Le reste du temps, il fait nuit…

Le défi est donc de prendre des photos malgré cette lumière basse tout au long de cette courte journée.

photos prises en mars 2018

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Le vent, le sel, l’eau, le sable…

A l’occasion d’une balade sur l’une des plages de Fos sur Mer, l’ambiance étant aux hydrocarbures tout autour, j’ai prêté plus attention que les autres fois à la structure de la plage. Croûté par le sel, sculpté par le vent, le sable avait des allures de Colorado ou de roches granitiques.

Et dans un creux, le sable qui semble au repos… mais s’est laissé caresser par les vagues, celles qui, au hasard des vents, laissent leurs empreintes ondulantes.

J’ai pris les photos d’assez près, avec mon zoom 16-50mm, entre 45° et 90° environ par rapport à l’horizontale. La vitesse de prise de vue est assez élevée car il y avait du vent. Et j’ai fermé (mais pas au max) le diaphragme afin d’avoir une plus grande frange de netteté.

En post-production, j’ai ensuite converti en noir et blanc puisque la couleur n’était pas la priorité, augmenté le contraste, les blancs, les noirs et la clarté pour faire ressortir la structure et les reliefs (qui n’excédaient pas le centimètre…)

Les fontaines d’Aix-en-Provence

Trois photos imposées de fontaines et cinq autres photos libres de la ville, c’est ainsi que s’est définie notre sortie du club à Aix-en-Provence en ce samedi ensoleillé.

Comment photographier ces fontaines cent fois vues, côtoyées ou admirées ?
J’ai pris le parti de n’en garder qu’un détail.

fontaine de la place Albertas, détail
Danse de lutins
fontaine de la Place Albertas
113mm, ISO 250, 1/80 sec, f/8

Je voulais le filé des gouttes qui tombent dans la lumière du soleil, d’où l’assez faible vitesse. Et je voulais donner une importance à ces ornements du bord du bassin que l’on néglige souvent.

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fontaine des trois ormeaux, détail
fontaine des Trois Ormeaux
54mm, ISO 400, 1/100 sec, f/4

Ici, je trouvais le travail de la porte assez intéressant, je l’ai donc gardé en fond, en réponse aux sculptures du pilier vertical, mais en focalisant sur le filet d’eau de la fontaine.

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goulot de la fontaine de la place des Tanneurs
Cracheur d’eau
Place des Tanneurs
150mm, ISO 400, 1/5000, f/5.6

Le filet d’eau ressortait bien sur l’ombre du goulot. J’ai donc utilisé une vitesse importante qui permet de presque le solidifier…Et je l’ai isolé en forçant un peu le contraste en traitant la photo en noir et blanc en post-production. L’ornement du goulot étant pour moi assez secondaire, j’ai fait en sorte qu’on le devine sans qu’il vienne « perturber » la lecture de la photo, centrée sur l’eau.

Au final, une bien agréable matinée et encore une façon de se poser des questions et d’expérimenter dans des lieux éloignés de notre zone de confort.

Mon père, portrait…

Le thème de notre prochaine réunion est « portrait ». Je n’en ai jamais fait, sauf, à la volée, ceux de mes petits enfants… Je n’oserai jamais demander non plus à quelqu’un, dans la rue, si je peux lui « tirer le portrait »?
Je n’ai, par conséquence, aucune expérience dans ce genre bien particulier de photographie. Je vais donc chercher quelques conseils auprès de « internet est mon ami ». En voici un petit résumé :

  • Mise au point : sur les yeux, ou sur l’oeil le plus proche.
  • Focale : au moins du 50 mm, ou plus, du 80-150mm pour écraser les perspectives et faire ressortir le personnage sur l’arrière plan.
  • Ouverture : une grande ouverture pour un arrière plan flou qui fera ressortir le sujet.
  • Cadrage : remplir le cadre, laisser de l’espace au regard
  • Lumière : le plein soleil laisse des ombres dures sur les visages, préférer l’ombre ou le soleil voilé, au besoin utiliser un diffuseur ou un réflecteur de lumière (surface blanche ou mur de couleur neutre ou chaude) surtout si on décide de photographier à contre-jour…
  • Sujet : pour qu’il soit le plus naturel possible, le mettre en confiance en établissant une bonne relation ( en discutant, en suggérant des situations imaginaires…) et lui donner des indications précises pour le placer ou le faire bouger idéalement.

Pour aller plus loin :

Puis, à la faveur d’une visite à mon père, j’essaie d’appliquer tous ces conseils pour le photographier…
J’avais oublié les contraintes liées au lieu de prise de vue, en l’occurence sa chambre et son fauteuil…. Heureusement j’ai pu jouer avec les rideaux qui ont pu atténuer la lumière solaire de l’extérieur.

f5.6 1/125 iso 640

J’avais oublié aussi toute l’émotion que l’on peut ressentir à photographier un être aimé, ce père, pilier fort et protecteur de notre enfance, devenu cet enfant fragile, lourd de tous ses souvenirs un peu embrouillés…

Inquiétante…

Il y a des photos qui vous marquent…. celles que l’on voit et qui étincellent en nous une émotion venue du tréfonds de notre âme, qui se cachent dans un coin de notre mémoire, prêtes à en jaillir soudainement ; et celles que nous faisons, un instant du jour, parce qu’appelés par l’écho que ce regard posé réveille en nous.

Lorsque « asphalte » a été le thème de notre réunion de ce vendredi, une photo, que j’avais prise il y a longtemps, s’est imposée logiquement à mon souvenir :

Prise sur un parking à Auriol, après une balade pluvieuse, mon regard a été interpellé avec force par ce reflet graphique.
Branches dénudées, texture de l’asphalte, forme arrondie de la flaque répondant aux angles des branches…. et cette impression de voir une araignée géante issue de nos plus noirs cauchemars…
Recentrée, recardée, mise en noir et blanc, j’y ai ensuite renforcé le contraste afin d’opposer le grain de l’asphalte au liquide de la flaque, le sombre des branches ressortant déjà naturellement.

Mes autres contributions au thème :

N’hésitez pas à aller voir celles des membres du club sur le site d' »ODL » (menu de droite).

Nouveau lien

J’ai ajouté, dans la colonne de droite, le lien du site de notre association club photo « Ombre des Lumières ». Depuis 1992, il permet le partage des connaissances techniques et artistiques entre les membres grâce aux échanges et aux discussions que nous avons régulièrement lors de nos réunions.

N’hésitez pas à jeter un oeil dans les galeries des membres, les photos proposées par thèmes, les expositions organisées par le club….

Bonne visite !

Ombre des Lumières

Fragile

C’était le thème de la réunion de notre club photo hier soir…

Définitions : qui se brise, se casse facilement, qu’on peut endommager facilement ; de constitution faible, peu résistant; qui est peu stable, précaire, éphémère…

Nous avons pu voir des toiles d’araignée, des gymnastes en équilibre instable, des verres brisés, des personnages en difficulté (seul, malade, épuisé, ne sachant où aller…), des papillons, des ailes de libellule, une rose abandonnée en mer en signe de commémoration du génocide arménien, des vitres cassées, des plumes, des plantes dans un environnement hostile….

J’ai cherché dans mes anciennes photos un pissenlit, symbole pour moi de la fragilité, avec ces plumetis permettant aux graines de s’envoler au gré du vent.
Un détail d’un de mes petits enfants, oreille, frisotis de cheveux, main, orteils, les bonheurs de l’enfance étant tellement fragiles !

Et en Camargue, je suis tombée sur cette plume solitaire, délicatement posée sur une plage de pollen… Qui de la plume ou du pollen est le plus fragile ? dans cet environnement pollué qui ne respecte plus la nature…

Sans compter cette goutte d’eau, si utile et si précaire….

La Camargue autrement

Une petite balade au marais du Verdier, près du village Le Sambuc, nous a permis d’observer flamants roses, grandes aigrettes, ibis falcinelles, cygnes, vaches et chevaux. Et des roselières asséchées (ce qui n’a pas empêché les moustiques de nous attaquer en escadrilles !)

Ne voulant pas ramener encore les sempiternelles photos de Camargue « cartes postales », je n’ai déclenché qu’en pensant à ce que j’en ferai après, en post-production, dans le genre estompé. J’imaginai déjà les sujets à peine esquissés sur un fond éclatant, le tout en noir et blanc.
Et, de savoir où j’allai, cela m’a permis de « voir » ma photo sur l’écran de l’appareil, telle qu’elle serait après traitement.

(cliquer sur les photos pour les voir en plus grand)

Une fois rentrée, j’ai essayé divers réglages, en poussant le contraste et l’exposition plus ou moins à fond. Puis, en jouant avec les hautes lumières, les noirs et les blancs, j’ai essayé de rendre le sujet presque comme dans un rêve.
La complicité de ces deux piquets comme suspendus dans le marais, la légèreté de ce roseau s’offrant au peu de vent, le vol lourd des ibis qu’un bruit avait dérangé dans leur bavardage bruyant, gris sur blanc…

Ces flamants qui ont perdu leur rose, à peine évoqués au milieu des vagues ridées, tous comme prosternés autour du seul au cou tendu.

… et trois piquets obliques, et leur reflet, graphiques….

J’ai gardé quand même quelques photos en couleurs, parce que pour un cygne ébouriffé et des ibis falcinelles au col irisé, « ça le valait bien ! »